L1: L'OM et Genesio entre résignation et mince espoir avant le PSG
Encore battu jeudi sur la pelouse du Besiktas pour son entrée en Ligue Europa, l'OM en est à quatre défaites de suite avant de recevoir dimanche le Paris SG, avec lequel l'écart n'a jamais paru aussi immense, et l'entraîneur Bruno Genesio a peiné à trouver des motifs d'espoir.
"Ce ne sont pas les meilleurs moments de ma carrière", a sobrement résumé Genesio après avoir vu son équipe s'écrouler complètement en seconde période pour finir nettement battue (4-1) par une équipe trop rapide et trop intense pour la sienne.
Ce revers vient s'ajouter à ceux concédés contre Monaco (2-0), le Paris FC (3-2) et Rennes (1-0) et la dernière joie marseillaise remonte donc à la mi-août, un succès 4-0 contre Strasbourg en ouverture du championnat.
On pensait alors que malgré les contraintes économiques imposées par la DNCG, l'UEFA et le propriétaire américain du club Frank McCourt, l'OM de Genesio pourrait exister en haut de tableau de Ligue 1, voire en Ligue Europa.
Mais les affrontements suivants, contre des équipes mieux armées, ont mis à nu les faiblesses et les limites de l'effectif marseillais, qui a perdu six titulaires cet été: manque de vitesse dans toutes les lignes, potentiel athlétique insuffisant et, surtout, absence totale de profondeur de banc.
"Quand on est entraineur, il y a des périodes difficiles, j'en ai déjà connues. Celle-ci est particulièrement rude, surtout en début de saison. Ce n'est pas forcément ce dont je rêvais", a encore reconnu Genesio jeudi.
- "Grosse responsabilité" -
Alors qu'il a déjà fait passer plusieurs messages d'avertissement autour de la valeur de son effectif et des objectifs envisageables, l'ancien coach lillois a tout de même semblé un peu accablé jeudi à Istanbul.
"Mentalement, c'est difficile"; "On a essayé, on a tenté des choses, mais c'est insuffisant"; "On a eu beaucoup de manques"; "En fin de match, c'est un peu du n'importe quoi à tous les niveaux", a-t-il notamment lancé, entre autres phrases désolées.
L'entraîneur marseillais a ensuite protégé ses joueurs, dont la volonté de bien faire n'est effectivement pas en doute, et a pris pour lui les difficultés du moment.
"Il y a toujours une responsabilité de l'entraineur. Il y a forcément une grosse remise en cause de ma part. Depuis la victoire contre Strasbourg, on n'a pas réussi à corriger les erreurs de cette équipe et c'est forcément une grosse responsabilité de ma part", a-t-il ajouté.
"A moi de trouver les solutions. Eux (les joueurs), ils essaient de faire le maximum. Pour l'instant, ça n'est pas suffisant", a commenté Genesio.
- Les conseils de Benatia -
Le problème est que les solutions en question ne sautent vraiment pas aux yeux. Dans une scène cocasse (ou surréaliste, selon les points de vue), l'ancien directeur du football de l'OM Medhi Benatia, architecte de la très dispendieuse équipe qui a échoué à atteindre la Ligue des champions la saison dernière, a suggéré sur Canal + d'essayer une défense à trois.
Mais Genesio a expliqué que son équipe avait désormais ses repères dans le système en place (4-2-3-1) et a plutôt insisté sur les très rares satisfactions, comme les performances du jeune Keyliane Abdallah, buteur à Istanbul.
"Il a amené beaucoup de choses sur son côté droit. C'est quand même positif. Il faut trouver des motifs de satisfaction et d'espoir. C'est le foot, il y a une remise en question tous les trois jours. Il faut garder l'énergie et la solidarité, entre joueurs et avec le staff et avec les gens du club", a-t-il insisté.
Les retours comme titulaires de Nayef Aguerd, Igor Paixao ou Amine Gouiri feront du bien aussi, mais il est difficile en l'état d'imaginer l'OM pouvoir rivaliser dimanche avec le double champion d'Europe parisien.
"C'est le Classique. Tout le monde sait l'importance de ce match pour tous les Marseillais. Il faut digérer cette défaite, jusqu'à demain, puis se pencher sur ce qu'on peut faire pour embêter ce PSG", a tout de même estimé Genesio.
Mais il est possible que pour lui et l'OM, les rendez-vous les plus importants soient fixés après la trêve, quand il faudra enfin gagner, contre Troyes, Angers ou Le Havre.
P.Roux--PS