Tour d'Italie: Narvaez console UAE, Ciccone enchante l'Italie
"On peut être heureux maintenant." Après un début de Giro cauchemardesque, Jhonatan Narvaez a rendu le sourire à l'équipe UAE en remportant la quatrième étape mardi à Cosenza où Giulio Ciccone s'est paré de rose à point nommé pour cette première journée en Italie.
Jusque-là, cette 109e édition avait été une nuit sans fin pour UAE qui a perdu trois coureurs dans une terrible chute collective samedi avec Marc Soler et Jay Vine, victimes tous deux de fractures, ainsi que leur leader Adam Yates.
Deux ans après le triomphe de Tadej Pogacar, absent cette année, il n'y avait plus grand-chose à espérer si ce n'est viser des étapes.
Et la lumière a jailli dès le retour du Giro sur le sol italien, après trois premières étapes en Bulgarie, avec la victoire de Jhonatan Narvaez.
Le champion d'Equateur, 29 ans, est lui-même un ancien éclopé qui a raté tout le début de saison à cause de plusieurs fractures aux vertèbres après un vilain crash le 24 janvier au Tour Down Under.
"Cette victoire signifie énormément pour moi après avoir mis trois mois à revenir", a expliqué celui qui n'avait plus couru depuis l'Australie, avant de dédier son succès à ses coéquipiers tombés samedi en Bulgarie.
"C'est difficile car ils ont tous bossé tellement dur pour arriver ici en bonne condition. Aujourd'hui on gagne, on peut être heureux maintenant", a ajouté l'Equatorien, un des lanceurs habituels de Pogacar.
Mardi, il a réglé un peloton duquel avaient disparu tous les principaux sprinteurs, lâchés dans le col de Cozzo Tunno, placé à la mi-étape, sous le tempo infernal de l'équipe Movistar qui a même fait souffrir Egan Bernal.
Arnaud De Lie, qui allait ensuite abandonner tout comme Kaden Groves en début d'étape, a été le premier à lâcher avec le bodybuildé Dylan Groenewegen. Puis ce fut au tour de Jonathan Milan, Paul Magnier et enfin Tobias Lund Andresen de céder, mais aussi du maillot rose, l'Uruguayen Thomas Silva.
- Ciccone "réalise un rêve d'enfant" -
La défaillance de Silva a profité à Giulio Ciccone qui a d'abord grappillé quelques secondes de bonifications au sprint Red Bull, avant de compléter sa conquête du maillot rose en prenant la troisième place derrière Narvaez et le Vénézuélien Orluis Aular, qui avait lancé de trop loin.
Pour l'Italie, la prise de pouvoir du grimpeur de Lidl-Trek ne pouvait pas mieux tomber. Ciccone, qui avait déjà porté le maillot jaune sur le Tour de France pendant deux jours en 2019 mais jamais le rose, était lui-même très ému.
"C'est un sentiment fabuleux. Je rêvais de ce maillot depuis tout petit. Je réalise un rêve d'enfant aujourd'hui, à un moment où je ne m'y attendais pas, après des moments difficiles, comme l'an dernier avec mon crash" au Giro, a souligné l'Italien de 31 ans.
En 2025, il était arrivé avec des ambitions de podium avant d'abandonner en cours de route. Cette année, il est venu seulement pour gagner des étapes et laisser le leadership pour le général dans son équipe à Derek Gee-West.
Mais la possibilité de décrocher le rose, alors que les 34 premiers se tenaient en dix secondes au classement général mardi matin, a réveillé son appétit, décuplé lorsque les sprinteurs, dont son coéquipier Jonathan Milan, ont disparu dans le Cozzo Tunno.
Et voilà le meilleur grimpeur du Tour de France 2023 vêtu du maillot rose qu'il défendra avec vigueur mercredi lors d'une cinquième étape accidentée entre Praia a Mare et Potenza. Avec le rêve de le porter encore vendredi lors de la première étape de montagne dans les Abruzzes, sa région natale.
K.Grimaud--PS