Le Conseil de l'Europe appelle à respecter le droit de manifester
Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a appelé samedi les États secoués par des mouvements de protestation, parfois émaillés de violences, à respecter le droit de manifester et à privilégier la "désescalade" dans le maintien de l'ordre.
"J'appelle les États membres à protéger le droit à la liberté de réunion pacifique et à veiller à ce que l'encadrement par les forces policières respecte les droits humains", a déclaré Michael O'Flaherty.
D'importantes manifestations sont attendues samedi en France, Albanie, Italie et Espagne, sur fond de mobilisation de la jeunesse, d'inquiétudes pour le pouvoir d'achat et d'impopularité des gouvernements.
Dans plusieurs de ces pays, les mobilisations ces dernières semaines ont dégénéré en violences et les réactions officielles se sont le plus souvent concentrées sur les questions d'ordre public.
La France a imposé des couvre-feux partiels et interdit plusieurs manifestations prévues samedi, tout en prévoyant un dispositif sécuritaire massif impliquant la mobilisation de militaires.
L'Italie également a déployé des soldats, la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni adoptant un décret sécuritaire qui assouplit les règles de détention pour les mineurs.
"Les forces de l'ordre doivent privilégier le dialogue et la désescalade. S'il est légitime que la police intervienne face aux pillages et aux émeutes et qu'elle assure la sécurité des personnes, le recours à la force et la privation de liberté doivent être régis par des normes strictes", avertit le commissaire aux droits de l'homme.
Ainsi, tout recours à la force de la part des forces de l'ordre "doit être strictement nécessaire, et toutes les allégations d'abus doivent faire l'objet d'une enquête rapide".
La privation de liberté "ne doit jamais être utilisée pour intimider ou dissuader une manifestation pacifique", prévient-il, appelant également les autorités à "tenir dûment compte de l'âge et de la vulnérabilité des enfants".
"Le recours à du personnel militaire pour assurer le maintien de l'ordre lors de manifestations peut s'avérer problématique du point de vue des droits humains", estime Michael O'Flaherty, avertissant également que "les actes de violence commis par certains individus ou groupes ne justifient pas des restrictions arbitraires, des interdictions générales ou la dispersion de l'ensemble d'un rassemblement".
Basé à Strasbourg, le Conseil de l'Europe réunit les 46 pays signataires de la Convention européenne des droits de l'homme.
E.Roger--PS