Le fils du chah déchu se dit prêt à assurer une transition en Iran
Le fils du chah déchu, Reza Pahlavi, s'est dit samedi prêt à mener une "transition" en Iran, après que le président américain Donald Trump a évoqué ouvertement le renversement du régime.
La Suisse a fait état dans le même temps d'une reprise des pourparlers la semaine prochaine à Genève entre l'Iran et les Etats-Unis, après une première session le 6 février.
Alors que Washington s'apprête à déployer un deuxième porte-avions dans le Golfe, M. Pahlavi, une figure de l'opposition iranienne exilée aux Etats-Unis, multiplie ces derniers jours les appels à la mobilisation, en Iran comme à l'étranger, contre la République islamique.
"Je m'engage à être le leader de la transition" vers un "processus démocratique et transparent", a dit M. Pahlavi devant les manifestants.
- "Soutenir Pahlavi" -
Ali Farzad, 40 ans, a indiqué participer à la manifestation "pour soutenir les gens en Iran qui ont été tués par le régime des mollahs". "Et nous sommes ici pour soutenir Reza Pahlavi comme leader pendant la période de transition", a-t-il ajouté.
De nombreux manifestants brandissaient le drapeau de la monarchie renversée en 1979.
Des rassemblements pour appeler à une action internationale contre Téhéran sont aussi prévus samedi à Toronto et Los Angeles.
M. Pahlavi avait appelé jeudi les Iraniens de l'intérieur "à faire entendre (leurs) voix et à scander des slogans depuis maisons et toits" samedi et dimanche soir.
Son appel survient après la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran.
Donald Trump, qui alterne appels à une issue négociée avec l'Iran et menaces militaires, avait évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir à Téhéran.
"Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver", a-t-il répondu à des journalistes l'interrogeant sur un éventuel "changement de régime".
"Le peuple iranien (...) a foi en vous. Aidez-le", a lancé M. Pahlavi lors d'une conférence de presse, après que Donald Trump a confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain, le Gerald Ford, pour rejoindre l'USS Abraham Lincoln dans la région.
"Il est temps d'en finir avec la République islamique", a ajouté M. Pahlavi, qui ne fait pas l'unanimité au sein d'une opposition iranienne divisée.
Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.
Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un règlement diplomatique portant notamment sur le programme nucléaire iranien.
- Prochaines négociations à Genève -
Le ministère suisse des Affaires étrangères a indiqué que le sultanat d'Oman accueillerait "les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran à Genève la semaine prochaine". Selon le site américain Axios, les discussions doivent se tenir mardi.
Accusé par les Occidentaux de chercher à se doter de l'arme atomique, l'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire qui, assure-t-il, ne comprend pas de volet militaire.
Washington, appuyé par Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés dans la région.
Les Etats-Unis avaient bombardé en juin des sites nucléaires iraniens lors de la guerre de 12 jours déclenchée par Israël.
Le Canada a de son côté annoncé samedi de nouvelles sanctions contre sept Iraniens "liés" à des organes étatiques "responsables d'intimidation, de violence et de répression transnationale" contre opposants et défenseurs des droits humains.
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées dans la répression de la contestation, et plus de 53.000 personnes arrêtées depuis.
Les autorités iraniennes reconnaissent plus de 3.000 morts dans les manifestations de janvier, affirmant qu'il s'agit en grande majorité de membres des forces de sécurité ou passants tués par des "terroristes" manipulés par Israël et les Etats-Unis.
D.Petit--PS