Le rabot de 350 millions d'euros de MaPrimeRénov' acté par l'Agence nationale de l'habitat
L'Agence nationale de l'habitat (Anah) a acté mercredi une baisse de 351 millions d'euros du budget des aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' en 2026, en répercussion du gel de crédits décidé par le gouvernement en juin, selon une délibération consultée par l'AFP.
Alors que l'Anah disposait initialement d'une enveloppe de 4,38 milliards d'euros pour distribuer ses différentes subventions, ce budget retombe à 4,01 milliards d'euros après les "surgels budgétaires appliqués à l'établissement" par l'Etat, selon la délibération adoptée mercredi par le conseil d'administration de l'agence.
Afin d'éviter un dérapage du déficit public face aux effets de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé en juin une série d'économies, portant sur plusieurs milliards d'euros dans la plupart des ministères.
Au sein de l'Anah, c'est MaPrimeRénov' qui fait les frais de ce coup de rabot: le "parcours accompagné" qui désigne les rénovations globales de logements perd 255 millions d'euros de budget, les subventions pour la rénovation de copropriété reculent de 50 millions d'euros.
Cela se traduit par une baisse du nombre de logements qui seront entièrement rénovées en 2026 de 14.241.
Concernant le "parcours par geste" pour les travaux réalisés de façon isolée, le budget baisse de 46 millions d'euros, soit une baisse de 40.000 dossiers de subvention de travaux. Ce choix s'explique en outre par la décision du gouvernement de réduire la liste des travaux éligibles aux subventions pour les recentrer sur l'installation de pompes à chaleur.
Dans un communiqué de presse, le conseil d'administration de l'Anah indique seulement avoir "pris acte des évolutions intervenues au 1er septembre et au 1er octobre dernier en matière de rénovation énergétique par geste, en particulier le transfert des financements correspondants vers les certificats d'économie d'énergie (CEE)", ce qui correspond au recentrage des subventions "par geste".
Pour Jacques Baudrier, adjoint (PCF) chargé du logement à la mairie de Paris, la baisse de budget de MaPrimeRénov' représente un "recul lamentable" de l'Etat, qui "brise une dynamique alors que les besoins n'ont jamais autant augmenté et qu'il s'agit du plus grand chantier historique du début du 21e siècle".
Désormais membre du conseil d'administration, il s'inquiète encore plus pour 2027, qui s'annonce "pire" étant donné la baisse de 200 millions d'euros de la dotation de l'Anah proposé par le gouvernement dans son projet de budget présenté début octobre.
Jacques Baudrier plaide pour la création d'une nouvelle recette dédiée à la rénovation énergétique et pour permettre à l'Anah d'emprunter sur les marchés financiers.
B.Mercier--PS