Nuñez "inquiet" de la précocité des feux, celui de l'Aude enfin fixé
L'incendie dans l'Aude a été "fixé" après avoir parcouru 900 hectares, a annoncé vendredi après-midi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui s'est dit "très inquiet" que la saison des feux ait commencé en France avec "un mois d'avance".
"On est très inquiets pour la saison, on a un mois d'avance sur les départs de feux", a-t-il déclaré, notant que 26 incendies simultanés avaient par exemple été dénombrés sur le territoire métropolitain sur la journée de jeudi.
La France a "des moyens suffisants" pour lutter contre les incendies, a toutefois voulu rassurer Laurent Nuñez, en listant notamment les 12 Canadairs et huit avions Dash du parc aérien anti-incendie, ainsi que les 10 hélicoptères bombardiers d'eau et six avions bombardiers légers loués en plus.
"Neuf feux sur 10 ont une origine humaine", a-t-il souligné, appelant à ce que "nos concitoyens fassent extrêmement attention" face à des conditions (canicule, végétation abondante après les pluies de fin d'année et intensité des vents) "propices au développement de feux importants".
- Des pompiers "magnifiques" -
"Au moment où je vous parle, le feu est fixé, c'est-à-dire qu'il ne progresse plus (...). Donc c'est plutôt une bonne nouvelle" après 48 heures d'efforts dans les massifs forestiers difficiles d'accès qui ont mobilisé jusqu'à 900 sapeurs-pompiers, a indiqué le ministre. "L'action continue à l'intérieur du feu, même s'il est fixé, il faut continuer à le combattre", a-t-il précisé.
"Les conditions météorologiques sont moins défavorables aujourd'hui, avec des rafales de vent moins violentes et un taux d'humidité plus élevé", a expliqué la préfecture de l'Aude dans un communiqué.
A Pouzols-Minervois, où de nombreux habitants ont été évacués mercredi, on ne voit plus de fumée, contrairement à la veille, a constaté une journaliste de l'AFP. A deux kilomètres de là, dans la salle des fêtes de Mailhac, des bénévoles et des conseillers municipaux tiennent un point d'accueil pour les pompiers et la population.
Après avoir quitté Mailhac, Juliette Ingman, une habitante du village, y est retournée jeudi: "C'était toujours beaucoup de cendre, de fumée, mais le danger était moins imminent (...) Bravo pour les pompiers, ils sont magnifiques !"
Plus au sud, dans les Pyrénées-Orientales, l'incendie à Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon, qui a entraîné l'évacuation d'un peu plus de 3.000 personnes jeudi, est sous contrôle, non sans avoir consumé (à des degrés divers) trois campings et un total de 281 bungalows, selon la préfecture.
Vendredi, les vacanciers dont les emplacements ont été épargnés ont pu retourner aux campings en début d'après-midi pour faire leurs bagages.
D'autres, restés au centre d'accueil improvisé dans une salle municipale de Canet-en-Roussillon, tentent de surmonter leur déception.
- Six blessés dans les Pyrénées-Orientales -
"Tout a brûlé. Notre mobil-home, nos affaires. Nous n'étions pas au camping quand le feu a démarré, on a ce qu'on a sur le dos et c'est tout", raconte Stéphane Barbier, 34 ans, un vacancier venu en famille de Seine-et-Marne et relogé dans un camping d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), à quelque 25 kilomètres de Canet.
"Six civils, dont un enfant", ont été légèrement blessés, de même que six pompiers volontaires, tandis que sept policiers municipaux ont subi des intoxications légères, selon la préfecture.
Parti de Sainte-Marie-la-Mer, l'incendie s'est propagé jeudi à Canet-en-Roussillon, touchant le pôle nautique. Un bâtiment du fabricant de catamarans Catana a été détruit, selon le préfet.
Près de Marseille, le feu de Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône) est maîtrisé depuis jeudi soir. Quelque 150 pompiers sont restés mobilisés toute la nuit "pour une surveillance active des points chauds", tandis qu'à Rognac 40 sapeurs-pompiers sont toujours engagés, mais le feu est fixé.
Dans le Gard, un feu de végétation qui s'est propagé à un site de stockage de déchets à Milhaud, près de Nîmes, mobilise le plus de pompiers. Vu la sensibilité du site, les pompiers du Gard anticipent une lutte "de longue durée". Le bilan provisoire fait état de 160 hectares parcourus dont 80 hectares brûlés.
Toujours dans le Gard, près d'Avignon, un site industriel sensible, celui du groupe Sanofi à Aramon, a dû être protégé d'un incendie qui avait franchi des axes routiers. Ce feu a aussi occasionné la coupure de routes et de la ligne SNCF à proximité, selon les pompiers.
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B.Bernard--PS