L'organisation des vacances d'été chamboulée par les prix à la pompe
Partir moins loin, rester moins longtemps, privilégier la voiture la plus économe du foyer: nombre de Français s'apprêtent à faire quelques ajustements cet été pour compenser la flambée des prix de l'essence et maintenir le budget prévu pour les vacances.
La famille Ivanovic part habituellement au Pays Basque. Cette année, ils iront dans le Sud-Ouest toujours, mais "un peu moins loin", raconte à l'AFP le père de famille, Michel, 32 ans.
"200 kilomètres aller, 200 kilomètres retour, c'est déjà quand même un demi-plein à économiser", détaille-t-il, rencontré jeudi à la Foire de Paris.
D'autant plus que leur voiture roule au diesel, le carburant le plus onéreux actuellement, dont le prix a atteint jeudi 2,217 euros le litre, selon une moyenne calculée par l'AFP sur la base des données gouvernementales.
En matière de vacances, une étude publiée mardi par l'Alliance France Tourisme a montré que "plus de 50% des Français envisagent de dépenser moins que l'an dernier sur les différents sujets: évidemment l'hébergement, la restauration, l'ensemble des dépenses sur place", selon son président Dominique Marcel.
Cette étude pointe du doigt "l'effet conjugué des préoccupations de sécurité et du renforcement des contraintes budgétaires", tout en soulignant cependant "qu'il n'y a pas d'effondrement des intentions de départ des Français".
Pour payer moins cher à la pompe, Adam, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, réfléchit lui à laisser la voiture familiale au garage et à voyager avec la deuxième, plus petite: "elle consomme deux fois moins, du coup ça fera environ 200 euros d'économies d'essence".
"900 kilomètres aller et 900 retour. C'est moins confortable, mais bon, avec le coût, on y réfléchit", ajoute cet habitant de la banlieue sud de Paris, rencontré avec ses deux garçons de 6 et 11 ans à la Foire de Paris.
Plusieurs personnes interrogées par l'AFP sur ce salon ont au contraire assuré ne pas avoir modifié leur programme estival.
"Nous on n'a rien changé: on roule en électrique !", fanfaronne ainsi un père de famille.
- Moins loin, moins cher, moins longtemps -
Aller au Portugal en voiture thermique? Anne-Cécile et Edwyn Robert savent que leur trajet leur coûtera plus cher que prévu. Mais pas question de rater le mariage auquel ils sont invités.
"L'avion est beaucoup trop cher", même avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, soulignent-ils. "On part en voiture, du coup".
Mais pour ne pas gonfler le budget, ils réduisent le nombre de nuits d'hôtel sur place: "on voulait rester une petite semaine, on reste 4-5 jours" seulement, soulignent ces trentenaires de Charenton (Val-de-Marne).
"Si on devait caricaturer, c'est moins loin, moins cher, moins longtemps", résume Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme, interrogé par l'AFP.
Protourisme a réalisé en mars une étude, selon laquelle près d'un tiers des Français envisagent de partir en vacances dans leur région (30%, contre 24% en 2025).
Le secteur du tourisme en France ne devrait toutefois pas trop souffrir, selon lui: "ça ne va pas être l'année du siècle, mais ça ne sera pas non plus la cata".
Cependant, "l'actualité récente d'annulations de vol, de crainte soi-disant de ne pas avoir de kérosène, génère de l'angoisse chez ceux qui envisagent" de partir à l'étranger, relève-t-il.
Audrey Belehouan, 32 ans, avait réservé en février, avant le déclenchement de la guerre en Iran, un vol pour l'Italie avec son mari et leurs deux jeunes enfants.
Elle craint une annulation du vol: "j'ai un peu d'appréhension et si j'avais su, je serais partie en train, pas en avion".
Pas de panique pour autant, si les vacances italiennes tombent à l'eau, elles se transformeront en vacances françaises. Leur logement pourra être annulé "à la dernière minute" si nécessaire, explique-t-elle. "On verra bien, il y a plein de choses à faire en France".
N.Lucas--PS