Indonésie: huit aéroports fermés après une éruption volcanique, 150.000 passagers bloqués
Les autorités indonésiennes ont fermé dimanche huit aéroports, dont le plus fréquenté à Jakarta, après l'éruption du volcan Anak Krakatoa, situé à environ 150 km, clouant au sol plus de 150.000 passagers.
En plus de l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta et de l'aéroport Halim également situé dans la capitale, les aéroports internationaux de Bandung et de Radin, près de Bandar Kampung à Sumatra, ont été fermés tout comme quatre autres aéroports de moindre taille, a indiqué le ministère des Transports dans un communiqué.
"Ces fermetures ont laissé 150.000 passagers bloqués et affecté 467 vols, dont 58 vols internationaux et 409 vols intérieurs", a indiqué le ministère.
La suspension des vols à l'aéroport de Jakarta est intervenue dès 1h30 dimanche matin et a été plusieurs fois prolongée. Dimanche soir, elle a été de nouveau prolongée jusqu'à 21h30 locales (14h30 GMT).
Des tests ont indiqué "la dispersion de cendres volcaniques dans la zone de l'aéroport international Soekarno-Hatta" conduisant à "la fermeture de l'aéroport", a déclaré dimanche matin le ministère des Transports dans un communiqué.
Le volcan Anak Krakatoa, qui signifie "enfant du Krakatoa", est entré en éruption samedi, avec une coulée de lave et des détonations audibles jusqu'à 700 kilomètres, a indiqué l'agence de volcanologie dans un communiqué, précisant que deux nouvelles éruptions ont été enregistrées dimanche.
Les cendres, dangereuses pour les moteurs des avions, se sont propagées dans l'espace aérien de plusieurs aéroports.
- "catastrophe naturelle" -
Henny Yensan, 44 ans, qui espérait retourner dans sa ville natale de Bengkulu (Sumatra) mais se retrouvait bloquée à Jakarta, a souligné que "tout le monde était déçu". "Personne ne s'est mis en colère car, après tout, c'est dû à une catastrophe naturelle", a cependant déclaré à l'AFP cette femme d'affaires, qui a dû reporter son vol à mardi.
Les perturbations affectent également l'aéroport de Lombok mais aussi celui de Bali et seize vols intérieurs à destination et en provenance de "l'île des Dieux" ont été annulés.
Samuel Guiberteau, cadre dans une grande multinationale, en déplacement professionnel à Lombok, devait rentrer à Jakarta dimanche sur un vol de la compagnie Pelita programmé à 17h10 et qui a été annulé.
"J'avais trouvé un autre vol sur Citilink mais il aussi été annulé", a dit à l'AFP par téléphone ce Français de 47 ans qui réside dans la capitale indonésienne et va passer la nuit à Lombok.
Des cendres volcaniques ont atteint la ville de Bandar Lampung, à la pointe sud de Sumatra, recouvrant les voitures en stationnement et les bords de route.
"Je crains que cela n'affecte gravement les poumons et ne provoque une infection pulmonaire", a déclaré à l'AFP Andre Bayu Saputra, 25 ans.
Les écoles de Jakarta seront fermées lundi et les cours passeront en distanciel, a annoncé la ville dans un communiqué, sans préciser la durée de cette mesure.
Situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, le volcan Anak Krakatoa connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier, au sein de la caldeira formée à la suite de l'éruption du Krakatoa en 1883.
Cette catastrophe a été l'une des plus meurtrières et des plus destructrices de l'histoire, avec un bilan estimé à 35.000 morts.
Les navires traversant le détroit doivent "redoubler de vigilance" face aux perturbations potentielles de la navigation, a souligné l'autorité portuaire locale.
Il est par ailleurs interdit aux bateaux de pénétrer dans une zone d'un rayon de 3 kilomètres autour du volcan.
L'activité du volcan pourrait s'intensifier, car les instruments de surveillance continuent d'enregistrer des secousses témoignant d'un déplacement de lave à l'intérieur de l'édifice volcanique, a indiqué Lana Saria, à la tête de l'agence de géologie.
"L'activité sismique indique le mouvement ou la libération de fluides volcaniques au sein du système volcanique. Toutefois, le moment, l'ampleur et la nature de la prochaine éruption ne peuvent être prédits avec précision", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse.
Il n'y a pour le moment, pas de risque que les récentes éruptions puissent déclencher un tsunami, a-t-elle ajouté.
Un tsunami survenu en 2018, provoqué par l'effondrement de certaines parties de l'Anak Krakatoa, avait fait 429 morts et entraîné le déplacement de milliers d'habitants.
L'Indonésie, vaste archipel d'Asie du Sud-Est, est située sur la ceinture de feu du Pacifique où la rencontre de plaques continentales engendre une intense activité volcanique et sismique.
D.Petit--PS