Argentine: des milliers sous la pluie fêtent la "Seleccion", sans Messi, à son retour
Malgré la défaite, malgré la pluie froide, plusieurs milliers de supporters ont joyeusement, mais brièvement, fêté leur "Seleccion" finaliste du Mondial à son retour en Argentine lundi soir, en l'absence de certains de ses joueurs dont Lionel Messi.
L'avion transportant la "Seleccion" a atterri vers 18H20 locales (21H30) à l'aéroport d'Ezeiza, à 32 km de Buenos Aires. Les joueurs sont descendus sur un tapis rouge déroulé au pied de l'avion, au son d'une fanfare, selon des images de retransmission de Aerolineas Argentinas.
Le capitaine Lionel Messi, selon ces images, ne figurait pas parmi les joueurs présents. Tard dans la nuit de dimanche, l'AFA avait communiqué que "certains joueurs de l'effectif partiront directement des Etats-Unis vers différentes destinations, pour réintégrer leurs clubs ou entamer leur période de repos".
L'AFA n'a pas précisé quels joueurs rentraient en Argentine, mais selon plusieurs médias, ni le capitaine Messi ni le milieu Rodrigo de Paul, coéquipiers en club à l'Inter Miami, ne devaient revenir lundi, se rendant directement de New York en Floride.
Sans contact direct avec le public à l'aéroport, l'équipe et le staff sont montés dans deux bus à la nuit tombée, en direction du proche domaine de la Fédération argentine (AFA), à 4 km. Sur le trajet au ralenti, des grappes de supporters saluaient et agitaient des drapeaux en bord de la route.
Au domaine de l'AFA, plus d'une heure avant l'arrivée de l'avion, sous une froide pluie fine, des milliers de personnes enchaînaient des chants, slogans, l'hymne national, sur fond sonore de pétards et vuvuzelas, dans une mer de drapeaux et maillots ciel et blanc, sur de larges terre-pleins entre un échangeur routier et l'AFA.
Parce que "nous les Argentins, on fait la fête quand même", expliquait à l'AFP Marga Ledezma, femme au foyer de 36 ans.
"Ce qui nous pousse à être là malgré le résultat, ce sont les valeurs de cette sélection, le respect qu'ils ont et la passion", s'émouvait Cintia Flores, 46 ans, employée dans la distribution.
"Ils portent et défendent ce qui est à nous. Le peuple, parce que c'est ce qu'on est: l'esprit de quartier, des gens modestes qui veulent, qui font, et qui, avec beaucoup de force, y arrivent".
- "Qu'il pleuve, ou qu'ils perdent"
"Cette sélection nous réunit, elle a réussi à unir les Argentins, et il faut lui en être reconnaissant. On sera toujours là pour eux, qu'il pleuve, qu'ils perdent, on sera toujours là", assurait Leonardo Barrientos, 36 ans, ouvrier dans le textile. "Et merci à Messi, pour avoir tout donné !"
Dans sa première déclaration au lendemain de la finale, Messi a confié lundi sur son compte Instagram que "la douleur est très vive et cette blessure aura du mal à cicatriser".
"Aujourd'hui, il est difficile d'apprécier à sa juste valeur ce que nous avons accompli, mais cette équipe a atteint deux finales consécutives de la Coupe du monde", a écrit la star de 39 ans, qui a aussi félicité l'Espagne pour son titre.
Ni l'AFA, ni les autorités argentines n'ont communiqué sur une éventuelle célébration officielle pour l'équipe. Après la finale, le président Javier Milei avait annoncé qu'un jour prochain, choisi par les joueurs et le staff pour honorer leur statut de vice-champions, serait déclaré férié. Cette annonce ne s'était pas concrétisée lundi.
A Ezeiza, les bus des joueurs, l'un d'eux à impériale, a ralenti presque au pas, tandis que des joueurs adressaient des saluts à la foule, au comble de l'émotion. Quelques chants encore, "La cuarta estrella", hymne officieux des hinchas au Mondial, et puis le bus s'est engouffré dans le domaine de l'AFA. Fin de la fête.
Une arrivée au crépuscule, presque profil bas, contrastant avec l'accueil hors normes qu'avait reçu en 2022 l'équipe championne du monde. Quatre à cinq millions de personnes, foule sans précédent de mémoire d'Argentins, s'étaient massées sur le trajet du bus à impériale, quelque 30 km. Il avait été paralysé par la marée humaine au bout d'une poignée de kilomètres en quatre heures, et la parade s'était terminée en hélicoptère survolant la multitude au centre-ville.
Dimanche soir, malgré la défaite, plusieurs milliers de supporters s'étaient rassemblés pendant de longues heures autour de l'Obélisque au cœur de la capitale. Une célébration bruyante et festive aux airs de victoire, empreinte de reconnaissance pour Messi et l'équipe. Une scène reproduite dans plusieurs quartiers de la capitale.
T.Girard--PS