Top 14: pour Montpellier, une conquête, une défense et une finale
Montpellier a fait honneur à son statut de meilleure défense du Top 14 en ne laissant que des miettes au Stade français samedi (25-15), et a construit sa victoire sur une résistance de fer et une conquête dominante pour prendre la route de la finale du championnat.
En mettant les Parisiens au régime sec avec seulement 15 petits points marqués, contre 34 de moyenne sur les 27 matches de leur saison, les Montpelliérains ont gagné la bataille qu'il fallait pour rejoindre le Stade de France la semaine prochaine.
"Le Stade français, c'est la seule équipe qui nous a mis un bonus offensif": en arrivant au Vélodrome vendredi, le manager de Montpellier Joan Caudullo n'avait pas tardé à remettre sur la table un souvenir cuisant en date du 25 octobre dernier et un revers cinglant à Jean-Bouin 35-12.
Alors samedi, ses hommes ont pris un soin méticuleux à rendre la vie impossible aux Soldats roses, bien en peine au moment de trouver des brèches dans la ligne de défense des Héraultais.
- Victoire en mêlée -
Peu d'espace laissés, seulement quatre pénalités concédées par Montpellier, et une intensité de chaque instant dans les attitudes défensives ont permis de limiter les risques d'incursion parisienne dans le camp du MHR.
Une frayeur a parcouru leurs échines lors de la seule véritable offensive des Soldats roses, réduits au silence total avec zéro point inscrit dans le deuxième acte.
Le pilier gauche Enzo Forletta a égaré un ballon en route à la 67e et a regardé Carbonel envoyer le ballon du pied vers Joe Marchant qui courait à grandes enjambées vers l'en-but. Mais l'ailier Donovan Taofifenua est revenu plus vite que le TGV qui emmènera les hordes montpelliéraines à Saint-Denis la semaine prochaine pour signer un retour salvateur.
Le score était alors de 22-15, et un essai transformé aurait permis aux Parisiens de revenir à hauteur à moins de 15 minutes du terme, alors que le MHR était en train d'asphyxier son rival.
Car le pack héraultais a pris le dessus sur son homologue en début de deuxième acte, après une première période équilibrée dans un secteur scruté par tous les amateurs d'entreprises de démolition.
Sanctionnée à cinq reprises entre la 43e et la 77e, notamment face à la puissance des piliers entrants Enzo Forletta et Wilfrid Hounkpatin, la mêlée parisienne a craqué, elle qui avait pris l'habitude de faire exploser ses adversaires toute la saison.
- "Bras de fer" -
De quoi se demander si l'absence du pilier droit géorgien Giorgi Melikidze, blessé lors du barrage remporté face à La Rochelle la semaine dernière (45-5), n'a pas pesé lourd dans la balance.
La conquête du Stade français avait déjà été défaillante dans un autre secteur en première période, la touche, avec pas moins de cinq ballons perdus ou volés par Florian Verhaeghe, un poison dans le domaine.
Efficaces et à l'aise au moment de pourrir tous les ballons adverses, les Montpelliérains ont réussi leur coup, celui qu'ils avaient préparé lors des deux semaines de préparation que leur avait octroyées leur deuxième place à l'issue de la saison régulière.
"Le Stade français est une équipe qui, quand elle a trouvé la clé du coffre-fort - qu'elle a trouvée assez facilement contre La Rochelle - est capable de jouer et bien jouer au rugby, elle a les moyens de bien le faire, à nous justement de faire en sorte qu'ils ne puissent pas trouver cette clé-là et qu'on puisse créer un bras de fer face à eux et l'emporter", espérait Caudullo avant le match.
Le capitaine Lenni Nouchi et sa bande ont confisqué les clés du coffre aux Parisiens, et ils devront remettre ça dans une semaine face à Toulouse, qui a montré vendredi, en passant 71 points au Racing 92, que son trousseau était bien fourni.
R.Fournier--PS