Ski alpin: Wengen, tout schuss sur la route des Jeux
Comme si Wengen et Kitzbühel ne faisaient pas déjà rêver les descendeurs, les voici lestées cette année d'un enjeu supplémentaire: les spécialistes de vitesse y joueront leur sélection pour les JO, très incertaine chez les Bleus.
"Ça va être assez difficile", prédit Xavier Fournier-Bidoz, entraîneur du groupe vitesse de l'équipe de France. "Certains ont déjà fait les résultats pour (aller aux Jeux). Et ceux qui n'y sont pas encore, il leur reste quatre courses".
Le "money time" des skieurs alpins débute vendredi et samedi dans le cadre majestueux de l'Oberland suisse, au pied de l'Eiger et la Jungfrau, avec le super G puis la descente de Wengen, et s'achèvera la semaine prochaine en Autriche par le super G et la descente de Kitzbühel.
La liste finale tombera le 26 janvier, mais dépend d'abord des quotas qu'attribuera la Fédération internationale de ski (FIS) à la France, via un complexe mode de calcul: rien ne garantit pour l'heure le maximum de onze représentants par genre - et quatre par épreuve - espéré par les Bleus.
Or les géantistes et plus encore les slalomeurs ont réussi un superbe début de saison, et sept d'entre eux remplissent déjà les critères de pré-sélection établis par la Fédération française de ski (au moins un Top 7 ou deux Top 15).
- "Pas juste un tremplin" -
Pour les as de la vitesse, sortis d'une saison marquée par le grave accident de Cyprien Sarrazin fin 2024 à Bormio puis la blessure au genou de Blaise Giezendanner à Wengen, pas encore de podium mais une salve de places d'honneur en décembre à Val Gardena.
Nils Allègre a fini quatrième de la première descente puis du super-G, Nils Alphand cinquième puis quatrième des deux descentes, et Matthieu Bailet cinquième du super-G - avant de sortir dans le super-G de Livigno où il réalisait une manche superbe.
Tous trois ont théoriquement fait un grand pas vers Bormio, qui accueillera en février les épreuves masculines de ski alpin des Jeux de Milan Cortina. Si la France obtient onze représentants, il ne resterait alors qu'une place à attribuer.
"J'essaie de ne pas calculer tout ça, pas me dire: +lui il a fait ça, lui il a fait ça+, mais c'est parfois plus fort que moi", reconnaît Nils Allègre, d'autant que son unique expérience des JO en 2022 (26e du super G) avait été ternie par "des douleurs persistantes au tibia".
Installé à 32 ans parmi les dix meilleurs du monde en vitesse, grâce à la régularité patiemment construite sur tous les terrains, le Haut-Alpin essaie de "profiter de chaque événement". "Ici c'est les plus belles étapes de l'hiver, donc c'est pas juste un tremplin pour les Jeux", souligne-t-il.
- Quadruplé pour Odermatt ? -
Pour Matthieu Bailet, réussir à Val Gardena son premier Top 5 depuis trois ans a déjà la saveur d'une "victoire". Même si "rien n'est validé" pour les JO, il retrouve peu à peu son ski flamboyant et risqué, avec pour objectif de "continuer à jouer gros et d'essayer de moins perdre".
"Plus on se focalise sur ce qui va se passer après, plus ça nous éloigne de ce qu'on a à faire au moment présent", tranche pour sa part Maxence Muzaton, qui préfère établir "deux-trois mots clés" sur chaque course sans penser aux Jeux: "engagement" et "relâchement" à Wengen, où glisse et sens tactique sont si cruciaux, et "être un guerrier" sur la pente vertigineuse de Kitzbühel.
Loin de se limiter aux Bleus, les sélections sont un casse-tête même pour les nations déjà assurées du quota maximum, à commencer par la Suisse: la saison dernière, la nation reine du ski alpin a placé cinq représentants dans le Top 8 mondial en descente, dont trois sur le podium.
Largement en tête du classement général, Marco Odermatt tentera samedi de décrocher un quatrième succès en trois ans dans la descente de Wengen, une semaine après sa passe de cinq inédite dans le géant d'Adelboden.
Programme de l'étape de Coupe du monde de ski de Wengen:
Vendredi: super G hommes à 12H30
Samedi: descente hommes à 12H30
Dimanche: slalom hommes (1re manche à 10H00, 2e manche à 13H00)
X.Francois--PS