CAN-2025: Hassan le feu égyptien, Faé la glace ivoirienne, une rivalité de 20 ans
Hossam Hassan, le sélectionneur égyptien, et Emerse Faé, son homologue ivoirien, se sont affrontés en tant que joueurs lors de la CAN-2006 avant de se retrouver comme entraineurs en quarts de finale la Coupe d'Afrique 2025, où Pharaons et Eléphants se font face samedi à Agadir.
"Depuis mardi, je reçois beaucoup de photos où on me voit 20 ans en arrière quand j'étais joueur et que j'affrontais le sélectionneur de l'Égypte", s'est amusé Emerse Faé vendredi. "C'est bizarre de le de le retrouver demain en quart de finale, en tant que qu'entraîneur. Mais pour l'instant, il y a 1-0 pour lui, j'ai bien l'intention d'égaliser demain", a-t-il poursuivi.
Faé, intronisé il y a deux ans, en pleine CAN-2024 disputée à domicile, avait affronté Hassan, 39 ans à l'époque, lors de la CAN-2006 en Egypte, lors du match de poules entre les deux équipes qui allaient ensuite se retrouver en finale.
- Egypte 1 - Côte d'Ivoire 0 -
Celui qui était déjà une légende chez les Pharaons, avec deux CAN glanées en 1986 et en 1998, n'était pas entré en jeu lors de la finale perdue par les Eléphants aux tirs au but.
20 ans après, rien n'a changé... ou presque en Egypte. "On a regardé l’Égypte version 2025-2026, mais j'aurais pu remettre les images de 2006, ça aurait été exactement pareil", a exagéré Faé. "Les joueurs changent, le style du maillot aussi, mais c'est exactement l’Égypte que j'attendais: on a toujours l'impression qu'ils sont en difficulté et que ça va lâcher, mais ça ne lâche jamais… enfin quasiment jamais".
C'est encore le cas dans cette édition marocaine de la Coupe d'Afrique que les partenaires de Mohamed Salah ont passé jusqu'à présent à Agadir au soleil, loin du tumulte et de la pluie de Rabat où ils se sont hissés sans jamais briller, sans encombre non plus, jusqu'en quart de finale. Ils espèrent fermement porter la marque de leur record de titre obtenus à la CAN, à huit sacres, le 18 janvier, jour de la finale, avec l'insolente confiance en eux qui les caractérise.
Si le bouillant Hossam Hassan, 59 ans, à la longévité de joueur à peine croyable, et le placide Emerse Faé, 41 ans, qui a stoppé sa carrière à 28 ans, s'opposent sur presque tout, ils ont toutefois un point commun dans leur management.
Depuis 2024, Hassan est systématiquement accompagné d'Ibrahim, son frère jumeau, manager de l'équipe, qui a suivi son frère dans tous les clubs où il a joué durant son interminable carrière, d'Al Alhy, en passant par le PAOK en Grèce, Xamax en Suisse ou Al Ain en Arabie Saoudite.
- Deux adjoints, deux frères -
En évoquant son frère, Hassan a presque fendu l'armure qu'il porte devant un micro. "Travailler avec Ibrahim me donne une force particulière. Je travaille avec lui comme avec personne d’autre. Chacun de nous deux est à sa place, comme lorsque nous jouions. Il était le meilleur arrière droit en Afrique. Et personne n'a encore atteint son niveau. Je ne dis pas cela parce que c’est mon frère. Son rôle de directeur de la sélection m’a facilité beaucoup de choses".
"La fédération a de la chance d’avoir un cadre comme lui. Son expérience apporte la même valeur que mon rôle technique", a poursuivi Hassan, toujours aussi dithyrambique.
Faé, lui, n'a pas son frère de sang comme adjoint, mais un frère tout de même. Il s'agit de Guy Demel, qu'il a connu en sélection en 2005, qui l'accompagne depuis 2023, et qui lui a présenté sa cousine, devenue sa femme.
Intronisé après la démission de Jean-Louis Gasset en pleine CAN pour une mission commando, Faé n'a exigé qu'une chose: que Demel, ancien défenseur des Eléphants, alors consultant pour Canal+ Afrique, le rejoigne comme adjoint.
"En fait, je n'ai même pas eu à l'exiger, précise Faé. Parce que le président en me nommant m'a dit qu'il avait déjà nommé Guy comme adjoint avant de me proposer le poste, parce qu'il connaissait notre relation, savait que Guy était mon 'grand frère' et qu'il pensait qu'on ferait de grandes choses tous les deux".
Accompagnés de "leurs frères", Faé et Hassan ont un match retour à disputer. 20 ans après.
W.Bonnet--PS