Liban: 14 morts, dont trois enfants, dans des frappes israéliennes
Des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts jeudi dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa "zone de combat" contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.
Cette intensification des bombardements survient alors que les deux pays se préparent à une réunion militaire vendredi à Washington, avant une nouvelle session de négociations les 2 et 3 juin. Et en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord.
A Saïda, ville côtière méridionale qui relie Beyrouth au sud, une frappe a visé vers 02H00 locales (mercredi 23H00 GMT) un immeuble résidentiel et fait cinq morts et 21 blessés, selon le ministère de la Santé.
Le raid a détruit les deux premiers étages du bâtiment, a constaté un correspondant de l'AFP. Les équipes de secours ont travaillé toute la nuit à évacuer les victimes.
La Défense civile a par ailleurs fait état de plusieurs frappes plus au sud, en plein coeur de la ville de Tyr et dans ses environs, à la suite d'ordres d'évacuation adressés aux habitants. L'une a touché une moto près d'une caserne de l'armée, tuant deux ressortissants syriens, dont un enfant, selon les autorités.
Un photographe de l'AFP a vu à l'aube un épais panache de feu et de fumée s'élever, au milieu de détonations.
L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un militaire dans une frappe israélienne, "alors qu'il circulait sur la route" dans la région de Nabatiyé.
- "Nous restons ici" -
En visant la ville millénaire de Tyr, "c'est son histoire et sa civilisation" qu'Israël veut viser, accuse Ghazouane Halawani, qui vit près d'un immeuble touché par une frappe.
Malgré les bombardements, il ne veut pas quitter sa ville. "Nous restons ici, c'est notre pays, notre terre, notre vie", dit-il à l'AFP.
Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne dans l'est et le sud du Liban, après avoir averti qu'il considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.
Le Hezbollah continue de revendiquer des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes qui tentent d'avancer dans le sud.
Le cessez-le-feu n'a jamais été respecté: les deux parties s'accusent mutuellement de le violer et justifient leurs attaques par les violations alléguées de l'autre camp.
Depuis le 17 avril, l'armée israélienne a continué ses frappes et ses opérations militaires au Liban. Le Hezbollah, de son côté, a d'abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban avant de multiplier les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël après l'assassinat d'un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.
Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.
Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.
Côté israélien, 23 soldats israéliens et un civil travaillant pour l'armée ont été tués.
U.Andre--PS