Le pétrole recule après les propos de Trump, fort rebond des Bourses en Asie
Les prix du pétrole reculaient de 5% mardi en fin d'échanges asiatiques, suite à des propos de Donald Trump assurant que la guerre avec l'Iran est "quasiment" finie, ce qui a favorisé un solide rebond des Bourses asiatiques après leur plongeon de la veille.
- Accalmie sur le brut, Trump rassure -
Les cours du brut ont connu une hausse spectaculaire ces dix derniers jours face au conflit au Moyen-Orient, avec une flambée historique de 30% en l'espace de quelques heures lundi --avant de modérer leur hausse. Le baril avait alors dépassé 100 dollars pour la première fois depuis 2022.
Mais les prix refluent mardi: vers 06H30 GMT, le baril de WTI, référence du marché américain, plongeait de 5,88% à 89,21 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 5,60% à 93,42 dollars. Ils ont même reculé de quelque 10% en début d'échanges.
Le marché a fait volte-face après la déclaration inattendue de Donald Trump qui a assuré en fin de journée lundi, qui a assuré que la guerre était "quasiment" finie.
Les remarques du président américain ont "complètement changé la donne", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. Pour l'analyste, l'administration Trump "en est arrivée à un point où ils réfléchissent au coût" de la guerre, mais aussi "aux marchés".
Dans son échange avec CBS, Donald Trump a également dit qu'il "réfléchissait à prendre le contrôle" du détroit d'Ormuz. La navigation est paralysée dans ce passage stratégique par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.
M. Trump a aussi annoncé lundi qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix".
Autre signal rassurant: les pays du G7 se sont dit lundi "prêts" à puiser si besoin dans leurs réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'atténuer la flambée des prix --sans toutefois décider d'y recourir dans l'immédiat.
"La réunion téléphonique du G7 a suscité un vif intérêt (...) et Trump a ensuite ajouté que le conflit pourrait se terminer plus tôt que prévu (...). Cette conjonction a suffi à faire naître l'espoir d'une certaine normalisation de l'offre et de la logistique", observe Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.
- Les Bourses se reprennent en Asie -
Les Bourses asiatiques ont fortement rebondi mardi, aidées par le repli des prix du pétrole, au lendemain d'une dégringolade des marchés d'actions.
A Séoul, l'indice phare Kospi s'est envolé de 5,35%, après avoir dévissé lundi de presque 6%.
A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé mardi en hausse de 2,88% à 54.248,39 points, au lendemain d'une chute de quelque 5%. La Bourse de Taipei a rebondi de 2,06%, Sydney de 1,09%. L'indice hongkongais Hang Seng prenait 2,07% vers 06H30 GMT.
Les économies d'Asie, très dépendantes des hydrocarbures du Golfe, sont suspendues aux cours du baril et à la situation du détroit d'Ormuz.
Pour autant, "il faut s'attendre à une volatilité importante et persistante au fil de la séance, ainsi qu'à des mouvements dont la signification immédiate ne sera pas toujours évidente: même si les tensions les plus fortes se sont atténuées, les marchés intègrent toujours un degré important d'incertitude et de risque", prévient M. Weston.
- Le dollar stable, l'or raffermi -
Le billet vert se stabilisait mardi à 157,58 yens pour un dollar, après avoir poursuivi son ascension lundi.
La monnaie américaine est recherchée dans un contexte de flambée des prix du pétrole, sur fond de craintes inflationnistes.
Les experts anticipent que la prochaine baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) pourrait intervenir plus tard que prévu compte tenu de la hausse des prix: or une politique monétaire restrictive rend le dollar attractif.
"On peut estimer que les marchés feront abstraction de la volatilité du marché du travail américain à court terme, leur attention se portant désormais sur les perspectives d'inflation", insistent les analystes de Standard Chartered.
L'or, lui, rebondissait de 0,74% à 5.176 dollars l'once. Il avait lourdement trébuché lundi, les investisseurs s'en débarrassant pour couvrir les appels de marge sur le pétrole et les pertes en Bourse.
I.Masson--PS