Hong Kong: la peine du magnat de la presse prodémocratie Jimmy Lai annoncée lundi
La justice de Hong Kong doit annoncer lundi la peine infligée à l'ex-magnat des médias prodémocratie Jimmy Lai, condamné pour sédition et collusion, et dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis et les défenseurs des libertés continuent de demander la libération.
La peine doit être annoncée lors d'une audience d'une heure devant trois juges de la Haute cour, à partir de 10H00 (02H00 GMT), a indiqué la justice.
L'homme d'affaires et fondateur du journal prodémocratie Apple Daily, aujourd'hui fermé, a été reconnu coupable en décembre de trois chefs d'accusation, après un procès qui selon les groupes de défense des droits humains marque la fin de la liberté de la presse dont s'est longtemps enorgueilli le territoire rétrocédé à la Chine en 1997.
Sa condamnation se base sur la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin après les manifestations prodémocratie, parfois violentes qui ont secoué Hong Kong en 2019.
Cette loi prévoit que les cas de collusion d'une gravité particulière sont passibles de peines allant de 10 ans de prison à la réclusion à perpétuité.
Dans leur verdict de 856 pages, les juges avaient écrit que l'ex-magnat de 78 ans avait "nourri sa rancœur et sa haine envers (la Chine) pendant une grande partie de sa vie d'adulte" et qu'il avait cherché à "renverser le Parti communiste chinois".
- "Poursuites politiques" -
Jimmy Lai, détenteur d'un passeport britannique, est emprisonné depuis 2020 et est maintenu à l'isolement, "à sa demande" selon les autorités, mais sa famille s'inquiète de sa santé chancelante.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, dont la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper a dénoncé des "poursuites politiques" contre M. Lai, a dit avoir évoqué le dossier lors de ses entretiens avec le président chinois Xi Jinping à Pékin le mois dernier.
Le président américain Donald Trump a également dit souhaiter que son homologue chinois libère Jimmy Lai.
Le mois dernier, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International, basée à Londres, a estimé que la condamnation de Jimmy Lai "sonne comme le glas de la liberté de la presse à Hong Kong".
Le procès de Jimmy Lai "n'a été qu'une mascarade du début à la fin", a déclaré de son côté le Comité pour la protection des journalistes (CPJ, New York).
L'issue du procès est un verdict pour "l'avenir de la liberté de la presse" à Hong Kong, a souligné Reporters sans frontières (RSF, Paris).
Pékin a rejeté les critiques, et les autorités de Hong Kong ont affirmé que le cas de M. Lai n'avait "rien à voir avec la liberté d'expression ou de la presse".
A.Martin--PS