La concurrence ferroviaire "tient ses promesses", bémol sur la transparence (concurrents de la SNCF)
Hausse de la fréquentation et baisse des tarifs: l'installation de la concurrence sur le réseau ferré voyageurs français "tient ses promesses" mais la transparence doit encore s'améliorer, a estimé mardi l'association qui regroupe les concurrents de la SNCF.
"Nous constatons que les bénéfices qu'on attendait de l'ouverture à la concurrence se sont matérialisés, avec une augmentation de l'offre, de la fréquentation, de la qualité de service et un effet baissier sur les tarifs des lignes soumises à la concurrence" s'est félicitée Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l'Association française du Rail (AFRA) lors d'une rencontre avec la presse.
Selon l'AFRA, qui cite des données de l'Autorité de régulation des Transports (ART), 2025 a été une année "historique": la plupart des services ferroviaires passagers en France sont désormais concernés par la concurrence, au-delà les trains de fret qui y sont confrontés depuis plus de 20 ans.
Après Trenitalia en 2021 sur la grande vitesse, 2025 a marqué l'arrivée de la concurrence sur les liaisons régionales de la SNCF (le réseau TER), avec en particulier l'installation de Transdev sur Nice-Toulon-Marseille, qui a évincé la SNCF lors de l'appel d'offres de mise en concurrence de ce tronçon.
Sur cette liaison, "les fréquences ont doublé, nous avons 14 aller-retour par jour et 16 le week-end", a détaillé Claude Steinmetz, président de la commission Voyageurs de l'AFRA et président de Transdev Rail.
Pour augmenter la transparence et fluidifier la concurrence, l'association souhaiterait que des "facilités essentielles" comme les centres d’ingénierie du matériel (CIM) ou les centres de test (Eurail test) qui servent à homologuer les locomotives avant qu'elles puissent rouler sur les rails français soient "détachées" et "indépendantes" de SNCF Voyageurs.
L'association estime que l'arrivée des concurrents sur les rails français est ralentie par la disponibilité de ces infrastructures de test.
"Le sujet de l'homologation des rames est à la base de la concurrence, (...) loin de moi l'idée de dire que SNCF Voyageurs ralentit le processus pour ses concurrents, mais on a besoin de dissiper un certain nombre de soupçons" a déclaré Alexandre Gallo, vice-président de l'AFRA et PDG de DB Cargo France.
"Pour homologuer les mêmes rames de train, il a fallu quatre ans en France et seulement deux ans en Espagne", a fait valoir Marco Caposciutti, président de l'AFRA et président de Trenitalia France.
B.Mercier--PS