Bourses mondiales: les premiers doutes sur l'IA en plus des tensions au Moyen-Orient
Les Bourses mondiales évoluent au fil de l'eau vendredi, sensibles aux premiers doutes dans le secteur de l'intelligence artificielle qui s'ajoutent aux incertitudes persistantes au Moyen-Orient.
Toutes les places européennes progressaient vers 12H00 GMT, à commencer par Paris (+0,59%) emmenée par les spiritueux (Pernod Ricard +2,88%) et le luxe (L'Oréal +2,24%).
Après un début négatif, Francfort gagnait +0,13% tout comme Milan (+0,20%) et Londre (+0,45%).
A New York, d'après les contrats à terme d'avant-séance, le Nasdaq des valeurs technologiques devraient continuer d'encaisser des prises de bénéfices dans le secteur de la tech (-1,02%) à l'ouverture.
Le S&P 500 devrait également reculer (-0,46%) tandis que le Dow Jones des valeurs traditionnelles progresserait légèrement (+0,12%), confirmant la "rotation sectorielle" et le retour des investisseurs vers les valeurs traditionnelles, déjà observé la veille.
Wall Street et les autres marchés boursiers vivent dans l'attente des chiffres de l'emploi aux États-Unis.
"Au cours des 24 dernières heures, les marchés ont d'abord rebondi grâce au recul des prix du pétrole, puis sont repassés en mode défensif durant la nuit, les risques technologiques et géopolitiques revenant au premier plan dans l'esprit des investisseurs", résume l'analyste Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.
Les marchés d'actions restait marqué vendredi par des prises de bénéfices dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA), seul relais de croissance depuis le conflit lancé par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février.
Jeudi, le titre des semi-conducteurs Broadcom a sévèrement reculé à New York (-13,5%), les investisseurs sanctionnant le non-relèvement des prévisions de croissance de la société.
"Cela a déclenché une vague de ventes sur les actions de semi-conducteurs aux États-Unis, Nvidia étant le seul grand nom à enregistrer un gain lors de la séance d'hier", résume Anna Macdonald, directrice de la stratégie d'investissement chez Hargreaves Lansdown.
Le repli des valeurs de la tech touchait évidemment l'Asie, où l'indice Nikkei à Tokyo perdait 1,68% à 67.250,75 points, tandis qu'en Corée du Sud, le Kospi se repliait de 1,24% à 8.692,06 points. A Hong Kong, l'indice Hang Seng accusait une baisse de 1,47% à 25.256,89 points.
A Wall Street jeudi soir, la chute de Broadcom a accéléré "la rotation sectorielle".
"Les secteurs financiers, de la santé, de l'immobilier et des services de communication ont ainsi pris le relais", relève John Plassard de Cité Gestion. "JPMorgan, Goldman Sachs, Visa, Johnson & Johnson et UnitedHealth ont figuré parmi les grands gagnants de la séance, confirmant le retour en grâce de valeurs plus traditionnelles après plusieurs mois de domination sans partage des géants de l'IA".
En attendant SpaceX
L'ensemble du secteur de la tech et de l'IA vit dans l'attente de l'entrée en bourse mi-juin de SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk pour le déploiement d'infrastructures spatiales.
Ce compte à rebours peut aussi peser sur les marchés, "les investisseurs pouvant être tentés de prendre leurs bénéfices et de dégager des liquidités pour acheter des actions SpaceX à partir de la semaine prochaine", relève Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
"La valorisation d'une entreprise comme celle-ci tient davantage du rêve que de la valeur", ajoute-t-elle au passage.
Marché obligataire quasi stable
Du côté du marché obligataire, le Bund allemand affichait vendredi matin un rendement de près 3,03%, contre un peu plus de 3,02% la veille. Pareil pour son équivalent français qui repassait les 3,67% contre 3,66% la veille.
Pétrole en baisse
Les cours du pétrole se sont repliés jeudi avec la perspective d'un accord concernantr le Liban, malgré l'opposition du Hezbollah et la poursuite des frappes israéliennes sur le sud du pays.
Vendredi vers 12H00 GMT, le pétrole modérait sa baisse, avec le Brent de la mer du nord à 94,77 dollars le baril (-0,27%) et le WTI américain à 92,87 (-0,18%).
"Le pétrole reste sensible à la persistance des tensions et aux détails d'un éventuel accord plus large", détaillent les analystes de Natixis.
L.Leduc--PS