La Bourse de Paris souffre de l'aversion pour le risque
La Bourse de Paris perdait légèrement du terrain lundi, dans un climat d'aversion pour le risque après des menaces de poursuites contre la banque centrale des Etats-Unis (Fed) pour fraude par le ministère de la Justice américain.
Vers 10H00 heure de Paris, le CAC 40 s'inscrivait en petite baisse de 0,40%, soit une perte de 33,14 points, pour s'établir à 8.328,95 points.
Vendredi, l'indice vedette parisien a terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant son dernier record en clôture qui datait du 21 octobre 2025. Il a aussi signé un nouveau sommet inédit en séance à 8.362,09 points, battant son record précédent du 13 novembre.
Les marchés européens "ont ouvert sur une note prudente", commente Matt Britzman, analyste actions chez Hargreaves Lansdown. "Les investisseurs doivent composer avec de nouvelles turbulences politiques et une montée des risques géopolitiques."
Le président de la Fed Jerome Powell a annoncé dimanche dans un communiqué, que la banque centrale américaine avait reçu une convocation de la part du ministère de la Justice, qui pourrait conduire à une mise en accusation, sur la base d'une de ses auditions en juin dernier.
Une convocation qui s'inscrit dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l'institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l'inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2%.
Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu'il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.
"Au fond, il s'agit surtout d’un message adressé à son successeur potentiel à la tête de la Fed et aux membres actuels du FOMC (le Comité de politique monétaire, ndlr): la Maison-Blanche entend fixer les taux d'intérêt", souligne Neil Wilson, de Saxo Markets.
"Les marchés pourraient envoyer un message au président (...): une politique étrangère interventionniste est une chose, mais une ingérence excessive dans les affaires intérieures n'est pas bienvenue", estime pour sa part Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, mettant en garde sur un potentiel "épisode de volatilité".
La défense dans le vert
Le secteur de la défense se maintient en territoire positif dans "un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d'éventuelles frappes militaires américaines contre l'Iran", relève M. Wilson.
L'Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, après des menaces de Donald Trump d'intervenir militairement pour secourir les manifestants.
"La semaine dernière, il s'agissait du renversement de Maduro au Venezuela, puis l'attention du président s'est déplacée vers le Groenland et plus à l'est, avec les manifestations en Iran", rappelle Kathleen Brooks.
Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s'empareront du Groenland "d'une manière ou d'une autre" car "si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront".
A la Bourse de Paris, Thales prenait 0,71% à 267,90 euros et Dassault Aviation 1,49% à 313,20 euros vers 10H00 heure locale.
M.Michel--PS