Piratage de chaînes de TV payantes: démantèlement d'un important réseau par les cybergendarmes
Les gendarmes spécialisés dans la cybercriminalité ont démantelé mardi un important réseau de piratage des flux de télévisions payantes qui proposait à ses clients des prix défiant toute concurrence, a annoncé vendredi la gendarmerie.
Onze interpellations - trois en Belgique et huit en France - ont eu lieu dans le cadre d'une enquête dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber), a ajouté la gendarmerie dans un communiqué.
Les malfaiteurs proposaient "à la vente une solution illégale appelée "Noos+", qui permettait aux clients d'accéder à un ensemble de chaînes payantes et à du contenu VOD (vidéo à la demande).
L'enquête a été déclenchée par une plainte en juin 2024 de Canal+ qui venait de découvrir ce service proposant d'accéder aux flux de télévisions payantes y compris de la sienne, pour un "abonnement annuel entre 50 et 100 euros". Un abonnement au bouquet Canal+ peut s'élever à plus de 110 euros par mois.
Les enquêteurs ont évalué à "plus de 12 millions d'euros sur les cinq dernières années" le bénéfice réalisé par le réseau criminel avec la mise en place de "Noos+".
Les perquisitions menées ont conduit à la saisie de "vingt serveurs hébergeant la solution à travers la France et en Europe". "Certains de ces serveurs étaient entreposés directement chez les mis en cause", a poursuivi la gendarmerie.
Les saisies ont porté également sur "des cryptomonnaies à hauteur de 750.000 euros, des saisies bancaires à hauteur de 380.000 euros, du numéraire à hauteur de 104.000 euros et de biens mobiliers à hauteur de 150.000 euros (voitures, sacs et objets de luxe, matériels informatiques) pour un total de presque 1,4 million d'euros".
La gendarmerie a précisé que désormais la solution "Noos+" était inopérante.
Elle a fait valoir que "le piratage de contenus audiovisuels à grande échelle conduit à la fragilisation économique des secteurs culturels et sportifs, avec un préjudice annuel de l'ordre de 1,5 milliard d'euros pour la France, et de 400 millions d'euros en termes de recettes publiques non perçues".
"Il impacte, a-t-elle ajouté, au premier chef les acteurs les plus fragiles, et nuit fortement à la diversité de la création et à l'équilibre des compétitions sportives".
S.Morel--PS